Eddy du Clot de l'Oum chez Casa Xurry : une première soirée dans le Roussillon sans bouger de Toulouse
On ne savait pas trop ce qu'on faisait. C'était la première fois qu'on organisait une soirée comme ça, et on avait autant de questions que de bouteilles dans la caisse d'Eddy.
45 personnes ont quand même débarqué chez Casa Xurry ce soir de février. Et on a compris assez vite qu'on tenait quelque chose.
Un restaurant de tapas pour parler de vin. Exactement.
Casa Xurry, c'est rue de la Colombette. Tapas, ambiance espagnole, rien de solennel. On aurait pu choisir un bar à vins, une cave avec des étiquettes sur les murs, un endroit qui "fait vin". On a fait l'inverse.
Ce n'est pas un hasard. Si tu mets des gens dans un lieu qui ressemble à une dégustation, ils se comportent comme en dégustation : ils chuchotent, ils ont l'air concentrés, ils ont peur de dire quelque chose de nul. Chez Casa Xurry, personne ne se posait ces questions. On était là pour manger, boire, parler et danser. C'est exactement ça qu'on voulait.
Et puis, on voulait mettre en avant différentes associations de cuisine (des tapas spécialement accordés avec les vins ont été concocté par le chef).
Eddy a fait la route depuis le Roussillon. Il vinifie au domaine du Clot de l'Oum, dans les Côtes Catalanes, des vignes qui poussent en altitude, au-dessus de 400m. Il a expliqué ce que ça change : des nuits fraîches même en plein été, un soleil qui tape fort la journée, et une tension dans le vin qui vient de cet écart de température. Pas de PowerPoint, pas de jargon. Juste quelqu'un qui parle de son boulot comme il le ferait à table. Et c'était vraiment un point d'honneur pour nous : rencontrer ceux qui font le vin, directement. Mettre un visage et une histoire derrière le produit.
Ce qu'on a bu
2 vins au menu.
Le Frontiera, en blanc. Au nez, des fleurs blanches, quelque chose de frais qui rappelle le raisin à peine mûr. En bouche, c'est vif, fruité, ça ne tire pas sur l'alcool. Le genre de blanc qu'on sert frais à l'apéro et que personne ne refuse, même quelqu'un qui "ne boit pas de blanc d'habitude".
Et la Compagnie des Papillons, en rouge. Là c'est différent : plus charnu, des fruits rouges bien mûrs, rien qui vient agresser le palais. Un rouge qu'on boit avec des tapas, avec de la charcuterie, sans chercher à l'analyser. C'est exactement pour ça qu'il passait aussi bien : personne n'essayait de comprendre, tout le monde avait juste envie d'en reprendre un verre.
Ce qu'on retient
La plupart des gens présents n'avaient jamais entendu parler du Clot de l'Oum avant ce soir-là. Plusieurs nous ont dit après que c'était la première fois qu'ils avaient l'impression de vraiment comprendre d'où venait un vin, pas parce qu'Eddy leur avait fait un cours, mais parce qu'il en avait parlé simplement, et avec ses tripes.
C'est ça qu'on essaie de construire. Pas une initiation. Pas un événement pour ceux qui s'y connaissent déjà. Juste un endroit où des gens normaux rencontrent quelqu'un qui fait du vin, boivent ce qu'il a fait, et repartent avec une bouteille en tête, parfois sans savoir exactement pourquoi elle leur a plu.
On a testé le format. Ça marchait. On est repartis avec deux ou trois ajustements pour la suite, et une envie nette de recommencer.
Boire du vin c'est devenu stylé ?






